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Pourquoi un crowdfunding ?

Par Adeline Coignet et Laura Le Brasseur

Earth Resistance organise tous les ans le Contre-Sommet de l’élevage à Clermont-Ferrand et le finance en partie via un crowdfunding. Il nous semble important – dans un souci de transparence – de vous expliquer notre choix.

Un financement participatif, avant tout pour l’inclusivité

Tout, sur le Camp de la Transition, sera proposé à prix libre (nourriture, hébergement, activités, concerts…), parce que nous souhaitons pouvoir donner l’occasion à toutes et à tous de participer à cet événement. Nous pensons que la contestation politique ne doit pas être réservée à une classe sociale supérieure pouvant payer un droit d’entrée. Cependant, les fournisseurs auquel nous faisons appel ne fonctionnent pas de la même manière et nous avons tout de même besoin d’un certain montant pour accueillir convenablement les militant.e.s et préparer les actions. Proposer à l’ensemble des animalistes – qu’iels participent au contre-sommet ou non – de participer au financement de l’événement, c’est permettre à tous.tes de participer, même si iels ne peuvent se déplacer pour nous rejoindre physiquement tout en facilitant l’intégration de personnes n’ayant pas ou peu les moyens de participer financièrement.
Un crowdfunding, c’est pour nous l’occasion de faire travailler au mieux les réseaux de solidarité entre animalistes. D’autant plus que – en plus de l’accueil sur le Camp, l’association prend en charge l’intégralité des frais de justice des activistes participant.e.s.

A quoi servira l’argent collecté ?

Organisation d’un camp d’une semaine pour 150/200 personnes qui sera un lieu de vie et d’accueil avec des formations, des conférences, débats, projections, ateliers.
Mise en place d’un plan de communication pour médiatiser le sujet.
Préparation d’actions pour perturber le Sommet.

Communication : 1100€

Supports papier de communication (affiches, tracts, autocollants, programmes…) : 800€
T-shirts action : 300€

Organisation du camp : 4400€

Participation frais de nourriture (matin, midi et soir) : 2000€
Hébergement : 2000€
Logistique (toilettes sèches, clef 3G, outils…) : 400€

Actions et mobilisation : 4500€

Banderoles, peinture : 500€
Matériel de blocage : 2200€
Transports : 500€
Frais d’avocat pour les activistes : 1300€

Pour participer : https://www.helloasso.com/associations/earth-resistance/collectes/bloquons-le-sommet-de-l-elevage-2018

Nous ne vous remercierons jamais assez pour votre aide !

Spécisme et capitalisme #1

Cet article fait suite à une conférence donnée dans le cadre de l’Université d’Eté de la Libération Animale, que nous remercions pour nous avoir donné l’opportunité d’explorer ce sujet.

Voici la première des trois parties, qui fait office d’introduction. La deuxième sera publiée le 15 août.

Introduction : pourquoi parler de capitalisme ?

La politisation du mouvement animaliste est un fait récent et encore timide. Elle a commencé avec la remise en question salutaire de l’hégémonie de la stratégie véganiste. Cette stratégie, qui est encore la plus répandue parmi les actions visant à lutter contre l’élevage pour l’alimentation, prend les individus pour cibles et vise à encourager les conversions au véganisme, essentiellement par la sensibilisation. Précieuse, car elle permet d’attirer de nouveaux et nouvelles allié.e.s au sein du mouvement et d’encourager les alternatives à la consommation de produits animaux, elle ne se suffit pourtant pas à elle-même car échoue à faire de l’exploitation animale un problème de société, un enjeu collectif. C’est là que la notion d’antispécisme entre en jeu et a permis d’apporter une nouvelle dimension au mouvement pour l’ériger au rang d’une lutte sociale pour les droits d’un groupe d’individu.e.s structurellement opprimé.e.s.

Toutefois, ce niveau de politisation n’est pas suffisant pour que le mouvement soit cohérent avec ses idéaux et ait une portée sociétale suffisamment large.

Une partie non négligeable du mouvement espère transcender les clivages idéologiques gauche/droite pour accepter tout type de militant.e en son sein. C’est ainsi que l’on se trouve avec un mouvement composé aussi bien de militant.e.s à sensibilité écologiste, défenseur.se.s des luttes sociales, décroissant.e.s… que de militant.e.s de droite, voire d’extrême droite, misogynes, racistes, islamophobes. A l’Assemblée nationale, certain.e.s député.e.s de droite se disent sensibles au “bien-être animal”, le Parti animaliste garde une position neutre sur la plupart des sujets de société, des personnalités fascistes telles que Brigitte Bardot sont érigées en symboles de la cause. La cause animale est vécue ainsi comme une cause qui rassemble, au-delà des divisions politiques, un sujet auquel chacun.e peut adhérer de manière universelle. Tout ce qui est fait au nom des animaux est bien, est grand. Si certain.e.s voient en cette diversité politique un atout (plus nous sommes nombreux.ses à nous battre, mieux c’est pour les animaux… non ?), elle peut devenir en réalité un danger pour le mouvement en fourvoyant les valeurs qui le portent et en l’entrainant dans des impasses stratégiques desquelles il sera difficile de sortir.

Lutter contre le spécisme en laissant exister les autres oppressions structurelles, c’est s’attaquer à la surface du problème en négligeant sa source. Il ne suffit pas de déclarer que le spécisme est une oppression à dimension systémique et qu’il faut lutter contre l’idéologie de la suprématie humaine pour avoir un projet de société.

Car c’est bien là le sens originel de la politique (qui vient du grec polis, la cité) : l’organisation et la structuration d’une communauté. Porter un projet politique antispéciste, c’est vouloir harmoniser les communautés animales et les communautés humaines de telle sorte que les droits de chacun.e soient respectés ce qui ne peut se faire sans prendre en compte toutes les autres dimensions du politique : le social et l’économique.

L’antispécisme va donc se voir obligé de prendre à bras le corps la question du capitalisme, qui est le modèle économique largement dominant dans le monde et qui structure les relations sociales aujourd’hui… y compris celles que nous entretenons avec les animaux.

Sur le papier, le capitalisme désigne un régime politique et économique reposant sur la propriété privée des moyens de production et leur mise en oeuvre par des travailleurs.ses qui n’en sont pas propriétaires. Il repose également sur le libre échange des marchés et la libre concurrence. Dans les faits, sa loi fondamentale est la recherche systématique de profit, c’est-à-dire de plus-value grâce à l’exploitation de la force de travail des travailleurs.ses par celleux qui possèdent les moyens de production. La plus-value devient un nouveau capital qui pourra devenir une nouvelle source de plus-value, et ainsi de suite.

Le capitalisme va donc de paire avec l’idée de croissance économique, d’accumulation des richesses, et repose sur l’exploitation des ressources terrestres et l’accroissement de la population – plus la population grandit, plus la main d’oeuvre disponible est importante. Ce modèle s’est nourri et a renforcé les inégalités sociales partout à travers le monde, au sein de mêmes pays et entre différents pays ; il est responsable de la crise écologique que nous traversons.

Quel rapport avec les animaux, vous demandez-vous peut-être ? La réponse vous sera donnée dans deux articles qui suivront cette introduction. Peut-on créer une société antispéciste dans un monde capitaliste ?

Notre organisation interne

Par Laura Le Brasseur et Adeline Coignet

S’investir dans une association n’est pas une décision que l’on prend à la légère. La soutenir, financièrement, par des actes ou par des mots demande un certain degré de confiance et il nous semble important d’être le plus transparent possible sur notre manière de travailler et de prendre des décisions ensemble.

Notre structure interne est composée de différents pôles, eux-mêmes subdivisés en groupes de travail. Chaque bénévole peut choisir les pôles et/ou les groupes de travail dans lesquels iel souhaite s’investir, en fonction de ses compétences, de ses ressources et du temps qu’iel souhaite accorder à l’association. Cette organisation nous semble optimale à plusieurs égards :

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Se connaître pour mieux agir

Manifeste pour une revue sociopsychologique et culturelle des stratégies et de la culture militante

Le mouvement animaliste connaît depuis quelques années une importante croissance et une évolution notable de ses tactiques militantes. Les débats stratégiques qui font rage sur les réseaux sociaux et les coalitions qui se dessinent semblent être d’excellents augures pour la suite de notre combat (à condition que la polarisation entre les militant.e.s ne devienne pas paralysante). Mais maintenant que notre cause prend de l’ampleur, il semble essentiel d’initier un retour sur nous-mêmes, afin de comprendre nos logiques inconscientes, de nous en servir et/ou de nous en protéger pour augmenter nos chances de parvenir à une victoire.
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La Marche pour la Fermeture des Abattoirs est-elle réellement inutile ?

Nous avons vu circuler sur les réseaux sociaux beaucoup de critiques quant à la tenue de la Marche pour la Fermeture des Abattoirs organisée par L214 : des critiques sur le caractère légal de cet événement, des critiques pour les sourires et la joie qui émanent de la plupart des photos. Des critiques parce que, “au fond, qu’est-ce que ça change ?”

Ce qui arrive aux animaux est en effet très grave, terrible ; aucun militant antispéciste ne le niera. Il est important de dévoiler l’horreur de cette tragédie, de mener des actions directes, contestataires, radicales – ce n’est pas nous qui le nierons, nous qui défendons à corps et à cris la désobéissance civile.

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Par delà la légitimité, quelles perspectives stratégiques pour nos luttes ?

Depuis la destruction d’un McDonald lors de la manifestation du 1er mai, les médias et leurs invité.e.s s’en donnent à cœur joie pour décortiquer et analyser les « casseurs », dénoncer, s’indigner, s’outrager. Ce petit jeu médiatique est devenu routinier et attendu après chaque manifestation dite « de gauche ». C’est la chose seule qu’on aura retenu du 1er mai 2018. La multinationale visée cette fois-ci – un symbole fort de l’exploitation animale – et le tag « Go Vegan » sur l’une des rares vitrines encore intactes ne sont pas sans rappeler une question soulevée récemment au sein du mouvement antispéciste : faut-il ou non utiliser la violence1 dans la lutte ? Et, surtout : est-il légitime de le faire ?

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Conférence : L’action politique pour les animaux

Trois organisations. Trois stratégies complémentaires. Vendredi 30 mars, les associations Sentience Rennes et Les Rendez-Vous de la Question Animale accueillent Earth Resistance ainsi que CAP (Convergence Animaux Politique) et le Parti Animaliste à l’université de Rennes 2.

« Face à la condition dramatique des animaux dans notre société, de plus en plus de structures associatives et politiques s’organisent pour faire évoluer l’action publique en leur faveur. Le mouvement animaliste tend ainsi à devenir une force politique, qui ne vise pas seulement à changer les comportements individuels mais aussi les règles de la société. Comment ? Quelles sont les différentes formes de l’action politique pour les animaux ? Quels exemples peuvent être donnés de succès politiques en France et à l’étranger ? »

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Salon de l’Agriculture : un désastre collectif ?

« Haute est curieuse, sociable et même un peu fière. C’est une vraie dame au milieu du troupeau ! »1, une description singulière pour un animal singulier. Malgré sa personnalité attachante et son individualité, Haute, l’égérie de l’édition 2018 du Salon International de l’Agriculture, finira à l’abattoir comme ses compagnes anonymes qui seront exposées à ses côtés. Le site internet du Salon s’émerveille des « hauts plateaux volcaniques » sur lesquels elle a grandi et le visage épanoui de Haute égaie les couloirs du métro parisien à travers des publicités la mettant en scène sous un ciel perpétuellement bleu, dans des prairies perpétuellement vertes. Un procédé de propagande classique visant à occulter qu’en France l’extrême majorité des animaux sont prisonniers d’élevages intensifs ; c’est le cas pour 99% de lapins, 95% de cochons, 83% de poulets qui vivent parqués dans des cages, caillebotis, espaces très étroits sans accès à l’extérieur.2

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