Loi alimentation : des activistes libèrent 20 poules d'un élevage en batterie

Loi alimentation : des activistes libèrent 20 poules d’un élevage en batterie

En Bourgogne, le vendredi 18 mai 2018 – Vers 2h du matin, des activistes de l’association Earth Resistance se sont introduits dans un élevage de poules pondeuses en batterie et en ont libéré pour dénoncer la loi sur l’alimentation qui sera votée la semaine prochaine. Vingt poules ont été sauvées de l’élevage et menées dans différents lieux d’accueil où elles couleront des jours paisibles. Les activistes, qui ont mené l’action à visage découvert, risquent gros : 3 ans d’emprisonnement et 45 000€ d’amende pour « vol », ces animaux faisant encore partie du régime des propriétés aux yeux de la loi. « Pour nous il ne s’agit en rien d’un vol mais bien d’un sauvetage : ces poules ont été cloîtrées dans des cages minuscules et dans le noir toute leur vie et elles étaient destinées à l’abattoir ; pourtant leur vie n’appartient qu’à elles », nous dit Jean, un des activistes.

Cette action s’inscrit dans le cadre du mouvement citoyen visant à intégrer plusieurs amendements destinés à améliorer la condition des animaux d’élevage au sein de l’article 13 du projet de loi 627 « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable. » Ce projet de loi est issu des États Généraux de l’Alimentation qui se sont déroulés de juillet à décembre 2017 afin de réformer le modèle agricole français. Plusieurs députés, soutenus par des associations pour la protection et les droits des animaux, ont proposé des amendements destinés à améliorer le bien-être des animaux d’élevage : réduction du temps de transport des animaux à 8h, interdiction de la castration à vif pour les cochons, interdiction des cages pour les animaux d’élevage, vidéo surveillance dans les abattoirs…

Alors que certaines de ces propositions (la fin des élevages en batterie et la vidéo surveillance en abattoirs) faisaient partie des promesses de campagne d’Emmanuel Macron, elles ont toutes été rejetées par les différentes commission de lecture telles que la commission développement durable et la commission des Affaires Économiques. « Le projet de loi va être présenté en plénière du 22 au 25 mai à l’Assemblée Nationale ; il est encore temps d’intégrer ces amendements et de faire respecter la volonté citoyenne », nous signale Emilie Pujol, la présidente de l’association Earth Resistance.

Ces propositions, en effet, font presque l’unanimité au sein de la population : d’après un sondage IFOP, 90% des français sont pour l’interdiction des cages pour les poules pondeuses ; la fin de tout élevage intensif ainsi que l’instauration de repas végétariens et véganes dans les cantines faisaient partie du top 10 des propositions demandées par les citoyens dans le cadre de la consultation publique des États Généraux de l’Alimentation. Un projet de loi jugé très décevant en matière de protection animale par l’association Earth Resistance. Toutes les propositions améliorant la condition des animaux ou favorisant l’alimentation végétarienne et végane ont été rejetées. « Ces propositions d’amendements n’ont pourtant rien de révolutionnaire ! » s’insurge Emilie Pujol. « Le gouvernement est réfractaire à toute mesure progressiste envers les animaux – sans doute car il est à la botte des lobbys agro-alimentaires qui ont tout intérêt à perpétuer l’exploitation animale sous sa forme la plus rentable. »